Au départ, le yoga devait m'aider à être plus connecté à mon cheval
À l’époque, j’avais une écurie et je cherchais à être plus juste dans ma façon de monter : améliorer ma posture, gêner le moins possible mon cheval et mieux ressentir.
C’est comme ça que le yoga est entré dans ma vie. Je ne savais pas encore la place qu’il allait prendre.

Puis le Yoga est devenu un besoin
Avec le développement de mon écurie sont arrivées les premières douleurs de dos, puis les premiers lumbagos.
J’ai continué le yoga. Une à deux fois par semaine d’abord, puis seule, presque tous les jours.
Je sentais à quel point cette pratique me faisait du bien et m’aidait à mieux vivre avec mon dos. Elle est progressivement devenue indispensable dans mon quotidien, notamment parce que rester longtemps debout ou immobile était devenu très douloureux.
Le yoga n’était plus seulement une pratique que j’aimais. J’en avais besoin.

Apprendre à ne rien faire
Quand j’ai commencé le yoga, je pratiquais surtout du Vinyasa. Tant que ça bougeait, j’adorais. Mais Savasana? Cinq minutes allongée sans rien faire, c’était déjà trop. Je gardais les yeux ouverts, je finissais parfois sur mon téléphone…
À cette époque, je travaillais à la ferme et j’étais constamment dans l’action. Il y avait toujours quelque chose à faire, avec cette inquiétude en toile de fond. L’insécurité financière me maintenait dans un état de stress presque permanent.
Alors m’allonger et ne rien faire pendant cinq minutes ? J’étais peut-être immobile, mais ma tête, elle, ne s’arrêtait jamais.
Mon dos m'a obligé à aller plus loin
Après notre arrivée en Dordogne, j’ai eu le plus gros lumbago que j’avais connu jusque-là. Pendant trois jours, la douleur était telle que je pouvais à peine bouger.
C’est là que j’ai compris que j’avais besoin d’aller plus loin dans ma pratique. Je voulais mieux comprendre les postures et apprendre à construire mes propres séances, pour créer une pratique vraiment adaptée à mon dos.
C’est pour ça que j’ai décidé de me former au yoga. D’abord pour moi.
Du mouvement à l'immobilité, tout un chemin.
Quand j'ai commencé ma formation de Hatha et Yin Yoga (250 heures), j'ai découvert une pratique qui, quelques années plus tôt, ne m'aurait probablement pas séduite : le Yin.
Moi qui avais tant de mal à rester immobile, j'ai appris progressivement à tenir les postures, à ralentir et surtout à prendre du temps pour moi.
Ce n'était pas évident au début. Mais petit à petit, ces moments de calme, que je fuyais autrefois, sont devenus des moments que j'apprécie profondément.
Depuis, j'ai continué à explorer le corps et le mouvement à travers d'autres formations, notamment en Animal Flow et en yoga thérapie, avec un module consacré au système ostéo-musculaire et articulaire.
J'ai découvert qu'évoluer, ce n'était pas forcément en faire davantage. C'était parfois apprendre à en faire moins.

Changer de vie ne suffit pas toujours à retrouver la sérénité.
En quittant la ferme pour nous installer en Dordogne, je pensais que le plus difficile était derrière moi. Les difficultés financières et la pression quotidienne avaient disparu.
Mais à l'intérieur, quelque chose n'avait pas changé.
Je vivais toujours avec cette anxiété de fond, ces inquiétudes permanentes et ces tics nerveux qui m'accompagnaient depuis des années. Même lorsque tout allait bien, j'avais du mal à me sentir réellement sereine.
J'avais changé de vie, mais mon corps et mon esprit semblaient encore vivre dans l'urgence.

Comprendre ce qui se jouait en moi
Pendant longtemps, j'ai cherché à soulager mon dos uniquement par le mouvement. Mais j'ai fini par comprendre que je devais aussi m'intéresser à mon anxiété, qui ne m'avait jamais vraiment quittée.
J'ai commencé à explorer d'autres façons de prendre soin de moi : la respiration, le renforcement musculaire, le mouvement sous différentes formes, notamment le rebond, et le rôle des fascias.
Petit à petit, j'ai retrouvé davantage de confiance dans mon corps. Et aujourd'hui, après des années de douleurs, je connais enfin de longues périodes sans avoir mal au dos.
Ce n'est pas une méthode miracle.
C'est un chemin fait d'expériences, de prises de conscience et d'évolution.
Aujourd'hui, ce que j'ai envie de transmettre
Aujourd'hui, je n'enseigne pas le yoga pour que mes élèves réussissent des postures parfaites.
J'ai envie de leur transmettre ce que j'ai appris au fil de mon propre parcours : écouter leur corps, comprendre leurs sensations, retrouver confiance dans le mouvement et surtout devenir autonomes dans leur pratique.
Dans mes cours de Hatha et de Yin Yoga, on explore, on expérimente, on respire. Chacun avance avec son histoire, ses possibilités et ses limites du moment.
Mon objectif ? Que tu repartes en connaissant un peu mieux ton corps, et avec davantage de liberté pour oser bouger.
